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Le 20 July 2013 à 16:22 | mise à jour le 12 December 2015 à 23:27

Histoire de la World Inline Cup

Histoire de la World Inline Cup

Au commencement fut la Swiss Inline Cup, la coupe Suisse des Marathons. De cette base, naquit la World Inline Cup en 2002, la Coupe du Monde des Marathons. Si dans un premier temps, le circuit regroupait surtout des étapes européennes, il a atteint une dimension internationale ces dernières années. Histoire...

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Un circuit mondial structuré : La world Inline Cup

Arrivée au sprint à Berlin Il n'est pas aisé de dresser une histoire exhaustive de la Coupe du Monde des Marathons, la World Inline Cup, tant le nombre de sujets liés est important. Nous allons tenter de vous donner un aperçu de son évolution depuis sa naissance, non pas sur un aspect sportif, mais structurel et économique...

Une structure privée lance le concept

Le circuit mondial est né sous l'impulsion de la société Iguana en 2002. Si les premières étapes furent européennes, la montée du marché asiatique ces dernières années a amené à labelliser des événements en Corée et en Chine.
Depuis 2009, on constate même l'apparition d'épreuves en Amérique du Sud. La Colombie et le Vénézuela, des pays où le roller ont une forte implantation, ont enfin rejoint le circuit de la Coupe du Monde des marathons.
En Europe, les pays de l'Est autrefois peu présents, ont également vu des étapes s'organiser en République Tchèque à Ostrava, à Gdansk en Pologne... comme quoi, même sur le vieux continent, il reste des choses à faire.

Le berceau des origines, la Suisse

La société Iguana naît en Suisse en 1994 sous l'impulsion de Coni Altherr. La société ca commencer par organiser la Swiss Inline Cup. La première édition a vu 150 participants prendre le départ. Les années suivantes, le concept a explosé, atteignant les 10.000 participants en 1998. La même année, Iguana lance l'European Inline Cup, le premier circuit des Marathons à dimension internationale.

De l'European Inline Cup (EIC) à la World Inline Cup (WIC)

En 2000, naît la World Inline Cup telle qu'on la connaît aujourd'hui. En 2002, Iguana souhaite appliquer cette formule qui fait le succès du circuit suisse à des épreuves internationales : le concept combine les patineurs de niveau mondial et les pratiquants loisirs dans un esprit de fête. Ils sont alors plusieurs milliers à prendre le départ des étapes suisses à Sursee, Engadin, Bienne, Berne...

Le principe de fonctionnement

Pour chaque étape, Iguana s'appuie un organisateur local souhaitant labelliser son épreuve. L'événement doit répondre à un cahier des charges international et Iguana gère la dimension marketing et communication de l'article. Le montant des droits d'entrée payé par l'organisateur varie selon qu'il souhaite organiser un événement de "Class 1" ou de "Top Class". .
En fonction de l'option choisie, l'événement verra venir plus ou moins de patineurs internationaux et l'épreuve rapportera plus ou moins de points au classement général de la World Inline Cup. L'organisation peut utiliser le label WIC dans sa communication et se voit insérer au calendrier mondial. Elle bénéficie ainsi d'une communication supplémentaire.
D'autre part, un directeur de course est envoyé sur place par la WIC pour vérifier la conformité au cahier des charges et pour faciliter le déroulement de la course.

Pour information, voici les tarifs d'entrée en World Inline Cup :

  • Class 1 : taxe d'entrée de 3.500 € et 5.000 € de prime minimum en 2010 (10.000 € avant).
  • Top Class : taxe d'entrée de 20.000 € avec primes 20.000 € pour les coureurs

L'étape de Dijon, par exemple, est Class 1 depuis 2002. Quand l'épreuve de Dijon avait lieu en septembre, elle tombait en face des championnats du monde.
Depuis 2004 et le passage de la date en juin, toutes les équipes sont désormais présentes, sauf en 2007 ou 2008 quand la WIC d'Incheon se tenait au même moment.
Auparavant quand on organisait une épreuve Top Class, Iguana venait avec un village dont les structures Rollerblade, maintenant ce n'est plus le cas.

Changement de main

En 2005, Coni Altherr a décidé que sa société et le marché du roller ont besoin de nouveaux propriétaires, capables d'offrir encore plus de croissance et de perspectives. En janvier 2006, une nouvelle holding est mise en place : Global Sports Group Ltd. (GSG). Elle acquiert Iguana dans sa totalité. On atteint alors un chiffre d'affaire de 3,6 millions de francs Suisses (environ 2,7 millions d'Euros). Tous les aspects de la Swiss Inline Cup sont alors gérés par cette société : des véhicules, aux tentes, etc.

L'utilisation de ces ressources ne s'est pas avérée optimale et trop focalisée sur la Suisse alors que cela devait permettre d'asseoir un leadership de la WIC au niveau mondial.

Ainsi, en 2007 et 2008, une restructuration majeure de la société a eu lieu. La première étape a été que la Fédération Suisse prenne en charge l'organisation de la Swiss Inline Cup. En janvier 2008, tous les événements et leurs aspects logistiques ont été sous-traités à une nouvelle société : Cate-e-Motion AG, dont Iguana détenait 30% des parts. Cate-e-Motion AG est devenu partenaire logistique d'Iguana à partir de la saison 2008 alors qu'Iguana réduisait ses activités à la gestion de la Swiss Inline Cup, à son marketing, aux ventes, et à la médiatisation de l'épreuve.

En août 2008, Cate-e-Motion AG a été sollicité pour devenir le promoteur de la SIC pour Iguana à ses propres risques et contre des honoraires annuels garantis. La propriété du concept restant sous l'égide d'Iguana.
Cette phase de transformation d'IGuana d'un statut d'organisateur d'événement à une structure purement chargée du marketing et à une holding détenant les droits à partir de la saison 2009 s'est avérée être parfois douloureuse et certainement plus chère que prévu l'origine.

Pourtant, le principe semble être bon puisque désormais la société est devenue rentable et mieux préparée pour saisir de nouvelles opportunités de croissance en Europe, en zone Asie/Pacifique ou en Amérique Latine.

Depuis 2007, Iguana va plus loin encore en travaillant sur la German Inline Cup. La société tente également de créer des liens avec la toute jeune Asianic Inline Cup (AIC) pour profiter de la croissance impressionnante du roller en Asie. Depuis la décision de non inclusion du roller aux Jeux Olympiques de 2016, Iguana semble croire et miser sur le potentiel des Asian Games.

La France, un pays historique des WIC

En France, le roller de vitesse a émergé assez tôt avec des épreuves à dimension internationale comme les 3 Pistes ou Rennes sur Roulettes, un des plus anciennes étapes de la WIC. Imaginez que 2012 a vu la 30ème édition de la course bretonne, ce qui nous ramène à une naissance en... 1982 ! Le premier marathon international rennais a eu lieu en 1987.

Au début des années 90, un embryon de circuit est mis en place avec le France Tour de Loire. Les anciens se souviendront des articles narrant les exploits de Pascal Briand dans "Roller Saga".

La World Inline Cup a vu et voit d'autres étapes se dérouler en France. Le Marathon International de Dijon est avec Rennes, la seconde date française qui a traversé les années.

D'autre épreuves ont malheureusement disparu. Au début des années 2000, le gratin mondial du roller s'élançait sur le long de la Promenade des Anglais à Nice. La mairie aurait mis fin à l'épreuve parce qu'il se déroulait trop d'épreuves sportives à cet endroit.

On a aussi mémoire de l'unique Marathon d'Eurodisney, à Marne-la-Vallée, qui avait vu la victoire de Daniel Finster. Dommage que l'on ait jamais réussi à créer une épreuve digne de ce nom dans la capitale, à l'image du mythique marathon de Berlin.

La remise en question

On constate depuis environ 2 à 3 ans une baisse régulière du nombre de participants prenant le départ des Coupes du Monde de Marathon. Les causes sont multiples et souvent entremêlées.

Baisse du nombre de participants loisirs

Tout d'abord, les moyens financiers des participants loisirs se sont réduits au regard de la conjoncture économique actuelle. Leur nombre de participations annuelles à des courses de roller en a forcément pâti. Ensuite, après une dizaine d'années à participer systématiquement aux mêmes épreuves, la lassitude s'est probablement installée.

Déséquilibre financier des organisations

Du coup, les organisateurs, dont l'équilibre financier dépend de la masse des patineurs loisirs et non des élites, voient leurs recettes diminuer. Ils disposent donc de moins de moyens pour prétendre organiser une WIC. Ne plus être labellisé signifie que le niveau de subvention publiques va inéluctablement se réduire, tout comme l'aura médiatique de la course. Le cercle vicieux est enclenché.

Réduction des budgets marketing/communication

D'autre part, la crise et la stagnation du marché du roller limitent les possibilités d'investissement des marques à tous les niveaux.

Le marketing et la communication sont toujours les premiers postes à être sacrifiés par les marques en période de rigueur : moins de communication signifie moins de sponsoring. On ne voit plus de grandes marques comme Kia s'investir dans le roller. On sacrifie les équipes professionnelles. Soit elles sont réduites à peau de chagrin, soit elles disparaissent. Par exemple, Rollerblade a longtemps aligné plusieurs équipes nationales et internationales. Puis, on a d'abord vu la formation féminine disparaître, ensuite, cela a été le tour des hommes. Même chose chez Bont, les féminines et le team international ont été sacrifiés au profit d'un sponsoring local reposant souvent sur un soutien matériel, plus que financier.

On trouve donc de moins en moins d'équipes professionnelles au départ des courses. Le label "World Inline Cup" perd de sa valeur. Auparavant, on avait une garantie d'avoir de beaux peloton au départ des courses, c'est désormais moins le cas, comme on a pu le constater à Rennes depuis 2 ans. La réduction drastique des sponsors liés au roller ou non, combinés à la crise font de la WIC un concept convalescent. Cela explique en partie pourquoi le principe initial est remis en question.

Désormais, on ne se limite plus à l'organisation d'un marathon et de courses loisir. En complément, on voit émerger des épreuves sur piste comme on a pu y assister à Pampelune (Espagne) ou à Geisingen (Allemagne). Le but est clairement de donner un second souffle à un circuit qui semble avoir déjà connu son point culminant. Le travail de médiatisation réalisé par Iguana semble également avoir été accentué, en particulier sur le Web. Espérons que la formule permettra au circuit de la World Inline Cup de perdurer...

Les années de la World Inline Cup (cliquez pour accéder aux résultats)

CERS Playlife-Grand-Prix 2000Logo World Inline Cup 2003

Logo World Inline Cup 2002Logo World Inline Cup 2003World Inline Cup 2004
World Inline Cup 2005
World Inline Cup 2006
World Inline Cup 2007World Inline Cup 2008World Inline Cup 2009
World Inline Cup 2010World Inline Cup 2011
World Inline Cup 2012
World Inline Cup 2013
World Inline Cup 2014
World Inline Cup 2015    

Liens utiles

Site de la World Inline Cup
Philosophie de la World Inline Cup
Site de la Swiss Inline Cup

Texte : Alfathor
Photos : droits réservés
Merci à Markus Ott pour son aide
Mis en ligne  le 20 July 2013 - Lu 10773 fois


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